Dmitry Mityaev, le Colosse Russe

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10/04/2020
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Il s’est révélé en finissant 3ème de la TDS® 2018, après une fin de course épique, à 1 minute et 43 secondes du vainqueur. L’année dernière, Dmitry refaisait sensation sur le nouveau parcours de la TDS® (145km 9100m D+) en finissant 2ème. C'est bien simple, lorsqu'il prend le départ d'une course, il n'est jamais loin de la tête. Il comptabilise 27 podiums, dont 14 victoires : un palmarès aussi gros que ses cuisses. Au-delà de 12 heures de course, il fait partie des 10 meilleurs coureurs au monde, et ses résultats le font rentrer dans le cercle fermé des 33 athlètes à 900 de cote ! Cette année, il persiste sur la TDS® qu’il a l’espoir de remporter, avant de s’élancer sur l’UTMB®.

Portrait de ce colosse russe d'1m84, qui aime les fruits et manger (beaucoup) avant une course.

Palmarès :

  • 2ème de la TDS® 2019
  • 3ème de la TDS® 2018
  • Victoire sur l’Ultra Pirineu 2019

 

 

- As-tu débuté une activité physique inédite durant cette période de confinement ?

J’ai de la chance, j’ai un tapis de course et il y a quelques mois nous avons acheté un home trainer, ainsi que des poids, des haltères et beaucoup d’autres choses que je peux utiliser pour m’entraîner. Par conséquent, je n’ai pas eu à mettre en place de nouvelles activités, j'ai toujours essayé de m'entraîner de différentes manières et j’utilisais tout cela auparavant.

 

- Y a-t-il quelque chose que le grand public ignore de toi ?

Tout le monde pense que mes jambes sont très grosses grâces aux exercices physiques, mais je vais vous dire un secret, plus j’enchaîne les heures de courses à pied sur une semaine, et plus mes muscles grossissent. Ce n’est pas le cas en faisant en faisant des exercices de renforcement musculaire.

 

- Ta meilleure astuce en cas de « coup de moins bien » durant une course ?

Je ne suis jamais en compétition avec mes adversaires, je fais la course et j'essaie de me battre avec moi-même, mon adversaire est dans ma tête et si j’y arrive, alors j’utiliserai toute mon énergie et la course sera réussie.

 

- La pire chose à faire la veille d’une course ?

Faire une séance très difficile avant la course. Beaucoup n’arrivent pas à s’arrêter et continuent à s’entraîner, je pense que c’est l’erreur la plus grave et la plus répandue. Un certain nombre d’erreurs peuvent être commises, comme arrêter de manger et de boire en grandes quantités. Beaucoup ne le font pas les derniers jours avant la course car ils ont peur de gagner du poids.

 

- Quel est ton plat préféré ? Ta pornfood préférée ?

J’adore le fromage, j’aime donc passer du temps en France. Je mange beaucoup de fruits, beaucoup. Je ne mange pas de mauvaises choses et je ne bois pas d’alcool, j’ai l’habitude de manger comme ceci et je ne veux pas une mauvaise alimentation.

 

- Ton groupe préféré et la chanson que tu écoutes en cachette ?

J’aime le rap, mais je n’ai pas de groupe préféré.

 

- Une passion/hobby qui n’a aucun rapport avec le trail running ?

J’aime prendre des photos, réaliser des vidéos, cela me plaît beaucoup.

 

- Y a-t-il un athlète élite de trail running qui t’inspire dans ta pratique ?

Oui, bien sûr. Luis Alberto, du team Adidas TERREX, dont je fais partie. J’ai couru avec lui sur beaucoup de courses, je l’observe très souvent et j’apprends beaucoup de lui.

 

- Quel est le plus beau souvenir de ta carrière ?

La Transvulcania me semble toujours être une course rapide et difficile. Ça a été des émotions fantastiques lorsque j’ai réussi à terminer deuxième en 2018 et en 2019, mais la course la plus intéressante et difficile pour moi a été la TDS® 2018, où j’ai pu prendre la tête quelques kilomètres avant l’arrivée, mais j’ai laissé la victoire s’échapper dans les derniers mètres pour finalement terminer seulement troisième. C’était très intéressant et cool de ressentir tout ceci. Il y a des courses qui ont une valeur émotionnelle pour moi en raison de leur complexité et de la beauté de leurs paysages. J’ai couru le High Trail Vanoise 4 fois et j’ai gagné 2 fois – ces montagnes sont incroyables et très difficiles – c’est un sentiment très agréable.

 

- Un aspect atypique de ta personnalité ?

Je suis très grand, je mesure 1,84 mètre et je pèse 80-83 kg. C’est probablement ce qui est le plus atypique chez moi, je suis comme ça depuis que j’ai 15-16 ans. Beaucoup se demandent comment est-ce possible de courir avec autant de poids, mais c’est assez facile dans la montagne, pas autant sur route, bien que j’ai déjà couru des marathons sur route, et même un en 2h26. Cependant, courir en montagne reste plus facile.

 

- Un rituel particulier avant une course ?

Je mange beaucoup durant les 3 derniers jours. C’est mon seul rituel. Je vais simplement au départ et essaie de ressentir des émotions à chaque mètre de la course.

 

- Quels kilométrage, nombre d’heures, D+ as-tu effectué pour préparer ta dernière course de l’UTMB (sur les 30 derniers jours) ?

Durant les 30 derniers jours, j’ai commencé à faire moins d’heure que d’habitude, mais j’ai rajouté des entraînements basés sur la vitesse. J’ai effectué 69 heures durant le dernier mois, avec un dénivelé de 31,000 mètres. Durant les mois d’hiver, je peux m’entraîner plus de 100 heures.

 

- Pourquoi refaire la TDS® cette année, et non pas l’UTMB® ?

Je souhaite vraiment faire l’UTMB®, mais après mes 3ème et 2nde place les précédentes années, je veux encore essayer de gagner la TDS®, et ensuite faire l’UTMB®. Mais même si je ne gagne pas cette année, ce ne sera pas une grande déception. Il est important pour moi de ressentir toutes les émotions sur la course et gagner n’est qu’un agréable bonus.

 


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