Health and good practice

Take care of yourself !

Ultra-endurance requires a very good knowledge of oneself and the desire to push one's limits. But ultra-endurance has an indisputable impact on your body and it is essential to manage one's state of health and listen to one's body to avoid injury or accident. To succeed and a have a good experience of the race on D-day means progressive preparation , requiring the implementation of serious preparation, good management of one's effort and person during the race.

You must, absolutely, avoid self-medication and take advice, if necessary, from a doctor. The UTMB® medical teams are at your side so that your race will be a success and remain a good experience.

Below, we offer you advice in matters of health reflections and the research of our medical teams and experts :

  • Training and race techniques
  • Mental preparation
  • Selection and test of one's equipment
  • Prevention of injuries
  • Diet before and during the race
  • Sleep management
  • Management of one's race and effort
  • Respect the warning signs
  • Post-race recuperation
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Addiction

Addiction

Par le Dr Elodie GAILLEDRAT, médecine du sport, médecine physique et rééducation orthopédique et traumatologique CHU Grenoble
Et le Pr Julien GIRARD, médecine du sport, chirurgie orthopédique et traumatologie CHU Lille

L’addiction à l’activité physique, qu’est ce que c’est ?

Le concept de dépendance (ou addiction) est connu depuis longtemps. Il revêt la plupart du temps une connotation négative car se réfère habituellement à une consommation excessive de différentes substances telles que le tabac, l’alcool, ou les drogues.

La caractéristique essentielle d’une dépendance à une substance est l’ensemble des symptômes cognitifs, comportementaux et physiologiques, indiquant que le sujet continue à utiliser la substance malgré des problèmes significatifs liés son usage.

Baekeland fut le premier, en 1970, à mettre en évidence le concept d’addiction comportementale à l’activité physique lors d’une étude portant sur les effets de la privation d’exercice physique sur le sommeil. Il s’est en effet aperçu que certains sujets participant à l’étude étaient incapables de se passer d’activité physique le temps de l’expérimentation (un mois) et ce, malgré des compensations financières.
Depuis le concept de "bigorexie" ou addiction au sport a été développé. Cette addiction s'explique de manière biochimique par la libération d'endorphines lors de l’activité physique. Cette libération engendre une sensation de bien-être recherché lors de la pratique. Elle s’explique et se complète aussi par un aspect psychologique de certains sportifs qui recherchent alors à augmenter l’estime de soi et à modifier la perception d’eux mêmes vis-à-vis d’autrui. Enfin, il est à souligner que la bigorexie peut démasquer ou laisser place à une addiction plus grave (alcool, drogues…).

Comment la reconnaît t’on ?

La dépendance à l’activité physique est définie par la présence d’au moins trois symptômes dans une période de 12 mois parmi les 7 suivants :

  • la tolérance (besoin d’augmenter la quantité d’activité physique pour atteindre les effets désirés, ou diminution des effets tout en gardant la même quantité d’activité physique)
  • le sevrage (effets psychologiques, comme par exemple inquiétude ou fatigue, se produisant pendant les périodes sans activité physique, ou réalisation de la même quantité d’activité physique pour soulager ou éviter des symptômes de manque)
  • l’intention (pratique de l’activité physique dans de plus grandes quantités que prévue ou sur une période plus longue que prévue)
  • le manque de contrôle (désir persistant ou efforts infructueux pour mettre fin ou contrôler la pratique d’activité physique)
  • le temps passé (temps consacré par la personne pour pratiquer son activité physique, ou à des activités qui s’en rapprochent : transport, achats,…)
  • l’abandon ou la réduction des autres activités (activités sociales, professionnelles, ou de loisir qui sont abandonnées ou diminuées pour s’adonner à l’activité physique)
  • la continuité (activité physique pratiquée malgré un problème physique ou psychologique persistant ou récurrent. Par exemple, continuer de courir malgré des blessures).

Quels sont les sujets à risques ?

Une étude menée sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc® 2011 (1775 questionnaires remplis sur internet ou sur place lors de la remise des dossards) retrouve que 7% des coureurs étaient "dépendant à l’exercice physique" (7,1% des hommes, et 6,1% des femmes), avec 69% de coureurs "à risque de dépendance", et seulement 24% de coureurs "non dépendants".
Le pourcentage de sujets "dépendants" peut paraître faible, mais l’échelle de dépistage utilisée lors de l’étude comprenait des critères très stricts, sous estimant largement la proportion de sportifs "addicts". En réalité, il faudrait ajouter à ce pourcentage celui des sujets appartenant à la catégorie "à risque", ce qui ferait un total de 76% de coureurs dépendants ou à risque de dépendance, soit près de trois quarts des coureurs…

Par ailleurs les sujets jeunes (20-30 ans) ont été identifiés comme les plus à risque de dépendance. Par contre, aucune différence ne fut retrouvée entre la proportion de femmes et d’hommes "addicts". Pas de différence non plus en ce qui concerne les modalités d’entraînement, l’ancienneté de la pratique ou le mode de vie. De plus, les sujets ayant déjà présenté une difficulté dans leur consommation de tabac, alcool ou autre produit n’étaient pas significativement plus dépendants à l’exercice physique.

Quels sont les risques ?

La dépendance à l’activité physique peut entraîner des effets physiques et/ou psychiques négatifs : aggravation d’une blessure physique, apparition d’un trouble psychologique lié à la pratique (de type burnout par exemple), apparition d’un trouble des conduites alimentaires (anorexie mentale, boulimie), avec toutes les conséquences connues (amaigrissement, aménorrhée, ostéoporose, complications cardiaques)… Il existe également un risque de pratiquer son activité physique malgré une pathologie contre-indiquant la poursuite de l’activité (pathologie cardiaque par exemple).
Un des risques de cette dépendance peut également être la survenue de symptômes de sevrage. Les sentiments les plus fréquemment rapportés résultant de la privation d’activité physique sont la culpabilité, la dépression, l’irritabilité, l’agitation, la tension, l’inquiétude,  la lenteur, et l’anxiété.
De plus, cette dépendance peut aboutir à un retrait de la vie sociale, avec un isolement progressif de la personne, aboutissant à un véritable cercle vicieux (pratique sportive / abandon des autres activités)…

Que faire ?

La première chose à faire est probablement la plus difficile et consiste à identifier son addiction. Il faut en effet être bien attentif aux différents symptômes énumérés ci-dessus et être alerté dès que plus de 3 de ces 7 signes sont présents. Il convient alors de réfléchir aux conséquences possibles de cette entrée dans une addiction et surtout anticiper les éventuels dégâts collatéraux (avant qu’il ne soit trop tard)…
Il faut bien évidemment en parler aux amis, proches… afin de partager  sur ce sujet. Un soutien psychologique peut s’avérer nécessaire et il ne faut pas hésiter à consulter son médecin généraliste, médecin du sport ou rechercher les consultations d’addiction au sport qui se développent sur le territoire français.
L’entraînement doit être correctement planifié, et les temps de repos respectés.
Il est important de noter que lors d’un sevrage forcé (traumatisme imposant un arrêt total du sport par exemple), un traitement de type anxiolytique peut éventuellement être introduit, sous contrôle médical, afin d’éviter une décompensation psychologique.

 

Retrouvez les détails et résultats de l'étude sur les addictions en cliquant ici.